Société de Thanatologie

LE CATHOLICISME

Pour les catholiques, la mort est un évènement relationnel, c'est-à-dire qu'elle permet une rencontre personnelle avec Dieu. Les chrétiens font référence à Jésus-Christ qui est déjà passé par la mort.

Il y a avec l'idée de mort une notion de jugement, plutôt d'ajustement : tout homme rencontrant Dieu le jour de sa mort, prendra conscience de ses faiblesses et de ses limites, pourra ressentir la nécessité d'une purification.

La notion de purgatoire qui a été souvent avancée est une construction théologique. Dans le Nouveau Testament, on ne trouve aucune trace ni du mot ni de la réalité qu'il désigne. Pendant longtemps, il a été question que le défunt passe par le lieu du purgatoire (du latin purgare = nettoyer, débarrasser, purifier) c'est-à-dire passer par un processus de purification afin de s'ajuster pleinement à la sainteté de Dieu et accéder au "Paradis".

LA MISSION DE L'ACCOMPAGNEMENT
C'est être à l'écoute des malades et de ceux qui les entourent, être une présence et une parole fraternelles, respectueuses du chemin de chacun, porteuses de vie et d'espérance, au nom de Jésus-Christ.

L'onction des malades
Il est un sacrement de vie pour le temps de l'épreuve. Elle n'est en aucun cas un sacrement donné avant la mort. En demandant l'onction des malades, la personne exprime sa volonté de vivre dans la foi toutes les crises de son existence et, en particulier, celles de la maladie. Elle redit sa confiance en Dieu et reçoit de l'Eglise, le geste qui la confirme et l'affermit dans sa confiance.

RITES DE PASSAGE
- Le défunt peut solliciter la présence d'un prêtre pour la pratique de la confession
- ou celle d'un aumônier ou d'une aumônière pour recevoir la "communion".

La toilette funéraire
Elle ne présente pas de caractère singulier. Certaines personnes aiment : croiser les doigts du défunt, placer entre ses doigts un chapelet ou une petite croix que le défunt aurait dans ses objets personnels ou que la famille apporterait. Il est judicieux d'en discuter avec la famille.

On peut aussi déposer dans le cercueil une fleur, un dessin, un texte …

On peut aussi veiller, si la famille le souhaite, à ce qu'un temps de recueillement et de prière puisse être organisé au chevet du défunt.

RITES DES FUNERAILLES

Une célébration est organisée dans une église de préférence ou dans la salle polyculte d'un Centre funéraire comme cela se pratique dans certaines villes. Le défunt est accompagné jusqu'au cimetière par une communauté qui prie pour lui, invoque l'indulgence de Dieu et se réjouit du bonheur auquel l'être humain accède. Les rituels rendent hommage au défunt et prient pour l'avenir des survivants.

Les textes qui sont lus pendant ce temps, invoquent la bienveillance de Dieu et affirment que Dieu est plus fort que la mort. Ils redisent aussi que les défunts sont rassemblés dans une grande famille près de Dieu et que par la réconciliation du défunt avec Dieu se trouve le bonheur de l'au-delà. L'Eglise offre une proposition de sens à l'événement du décès d'un proche.

On peut noter l'utilisation :

- (facultative) de l'encens. L'encens qui monte est signe de la prière des croyants qui monte jusqu'à Dieu.

- l'eau bénite. Elle est le signe que le corps reprendra vie un jour, elle est symbole de vie. La bénédiction avec l'eau bénite rappelle le baptême.

CREMATION, PRELEVEMENT D'ORGANES

L'Église tolère la crémation depuis 1963. Elle accompagne de sa prière les chrétiens qui ont choisi la crémation de leur corps et pratique une cérémonie des obsèques dans l'église, en présence du corps, avant la crémation.

Comme les familles du défunt sont souvent dispersées dans le monde entier, il est possible de réaliser la crémation et de faire une cérémonie en présence de l'urne.

L'Église accepte le don d'organes en vue de greffes et le don du corps. Elle considère qu'ils sont un acte d'amour, une communion dans la souffrance des autres et le témoignage d'une solidarité humaine active. L'accomplissement du respect dû au défunt n'est en rien contrarié par un prélèvement d'organes sur le corps du défunt ni par le don total.

LE PROTESTANTISME

Le protestantisme compte 23 églises et 81 communautés, il n'y a donc peu de pensée officielle.

La foi protestante s'articule autour de trois axes fondamentaux :
-
l'autorité souveraine de la BIBLE en matière de foi
- le salut gratuit par la foi, en particulier au moment de mourir
- la force du témoignage intérieur du Saint-Esprit.

et de trois convictions éthiques : la liberté de conscience, la responsabilité de ses choix et le sacerdoce universel (pas de médiateur en Dieu et les hommes)

L'IMPORTANCE DE LA "COMMUNAUTE" DANS L'ACCOMPAGNEMENT
Face à la maladie et à la souffrance, le protestant cherche dans le message biblique consolation, soutien et sens spirituel à sa vie. L'accompagnement spirituel témoigne que le Christ a affronté et vaincu la souffrance et la mort, qu'il est aussi présent dans les moments d'épreuve.

Au moment du mourir, les membres de la famille et de la communauté pourront avec le malade :
1. lire et prier
2. partager la sainte cène.

Dans le protestantisme, c'est dans le fait de reproduire les gestes de Jésus et de les faire ensemble que Jésus manifeste sa présence. Ainsi, contrairement au catholicisme, apporter "la communion" au lit du malade n'au aucun sens pour le protestant. Ce qui a du sens, c'est de partager la cène au chevet du malade.

3. faire une onction d'huile en union avec la communauté protestante.

La vie éternelle n'est pas une vie autre après la mort. Elle est déjà engagée aujourd'hui. Elle est une relation déjà à l'œuvre, vécue.

LA TOILETTE FUNERAIRE

Lors de la toilette mortuaire, on peut croiser les doigts ou les mains du défunt mais il n'y a aucune prescription.

Dans la chambre, il convient d'éviter tout ornement funèbre autre qu'une simple croix nue ou une croix huguenote. En effet, la religion protestante refuse toute "image" du Christ, elle prône une sobriété extérieure pour affirmer la richesse individuelle intérieure. Une bible ouverte peut être posée dans la chambre, ce qui rappelle l'importance de la parole biblique dans la vie du protestant.

CREMATION - PRELEVEMENT D'ORGANES

La religion protestante ne s'oppose ni à la crémation, ni au prélèvement d'organes. Ces choix sont laissés à l'initiative de la famille ou de la personne elle-même, lors de son vivant.

VEILLEE DU CORPS – FUNERAILLES

Les prières dans la religion protestante sont destinées aux vivants, pas au défunt. Pour les protestants, il est inutile de prier pour le défunt puisque le salut lui est accordé à partir du moment où il avait la foi. La grâce ne se mérite pas. Tout homme a reçu la proposition de la grâce. Il en découle :
1. Temps simple de prière pour la mise en bière
2. Compassion dans la rencontre de la famille. Le souci primordial est le rassemblement communautaire pour ne pas laisser seules les personnes en deuil.
3. Le rite est entièrement tourné vers le vivant.

Pendant la cérémonie le cercueil n'est pas présent où il est mis sur le côté – dans certains temples, dans l'entrée. Toutefois, de plus en plus, à l'instar des catholiques, il peut être mis au milieu de l'assemblée.

LE JUDAISME

Pour le juif, la mort est un passage. Un autre monde existe où le défunt continuera de vivre : soit le ciel, où le défunt sera en présence de Dieu, soit le Shéol qui est un lieu inconfortable où la relation à Dieu est devenue impossible. C'est un lieu de purification. Dans la religion juive, il n'y a pas d'enfer mais on peut "rester" dans le Shéol indéfiniment.

Les juifs croient à la résurrection des morts.

L'ACCOMPAGNEMENT DU MALADE

Dans la religion juive, on ne doit jamais laisser un mourant tout seul. D'une part, pour le respect de la personne, mais aussi pour l'inviter à l'expression de sa foi à travers la prière qui est aussi " confession de la foi". C'est un acte qui lui sera profitable dans le passage vers l'autre monde. Accompagner une personne en fin de vie, c'est aussi pour le juif, lui témoigner amour et solidarité.

Le mourant est dispensé de certains rites religieux : pratique du shabbat, port des phylactères (bout de tissus ou boîtes qui contiennent un morceau de papier reprenant une parole de la Bible) par exemple.

RITES DE PASSAGE
Il est recommandé de :
- fermer les yeux et la bouche, (le fils aîné ferme les yeux de son père)
- couvrir le visage d'un linge protecteur de l'indiscrétion des vivants,
- couvrir les miroirs,
- lire des psaumes et des passages de la Bible, sauf si on sait que la personne de son vivant y était opposée.

En général, le corps ne doit pas être touché. La toilette funéraire est faite de façon rituelle. Elle a une visée d'hygiène mais aussi une portée spirituelle (prières prononcées pendant la toilette). par conséquent, elle est faite par des membres de la communauté juive (le groupe de ces personnes s'appelle la "Hevra Kaddicha"). Il y a une distinction des sexes, c'est-à-dire que les hommes s'occupent des hommes et les femmes s'occupent des femmes.

La toilette consiste à poser un bandeau maxillaire au défunt, à lui mettre les mains le long du corps et la kippa sur la tête (si c'est un homme) ou un voile (si c'est une femme) et lui ôter prothèses et dentier, tout ce qui peut être "additif" au corps naturel mais souci de conserver auprès du corps les éléments qui ont pu être retirés. L'idée est de rendre à Dieu son corps tel qu'il nous l'avait laissé (notion d'intégrité importante). Dans cette pratique, il y a, pour certains, le rappel qu'on a besoin de tous les morceaux du corps pour resurgir dans la résurrection ; pour d'autres, cette attention est la réponse au mépris des corps dans les camps d'extermination ; pour d'autres, cette attention souligne la force du "retour à la poussière" évoqué dans la Genèse.

Si possible, le corps continue à être entouré par la présence des vivants : ils veillent sur lui.

RITES DE FUNÉRAILLES
L'enterrement doit être fait rapidement (en général dans les 6 heures : ce qui est impossible en France). Le corps ne passe jamais par la synagogue car pour les juifs, le cadavre est impur et risque de "souiller" la synagogue. Pour cette même raison, les juifs se lavent toujours les mains en sortant du cimetière. Normalement, on va directement du lieu où repose le corps vers le cimetière. C'est là que se déroule le plus habituellement la cérémonie funéraire.
Le corps est enterré à même la terre. La terre a un symbolisme de protection, elle est sécurisante. En Israël, on enterre dans le drap. En France, c'est impossible, cercueil en pin non traité.
La religion juive n'est pas opposée au don d'organes mais a une grande réticence au sujet de la crémation.

Pas de fleurs : signe de la vie éphémère (les fleurs vivent et meurent)

RITUELS DE DEUIL

Au retour du cimetière, en principe on devrait rentrer chez soi sans chaussures, en signe de pénitence. On déchire ses vêtements, en signe de déchirement du cœur, cœur brisé par la mort et en rapport avec les récits de la Passion.

À compter du jour de l'enterrement, le deuil familial profond dure sept jours pendant lesquels on reste chez soi. La famille se prive de toutes sortes de plaisir (y compris la lecture de la Bible). Elle reste dans l'obscurité, n'allume ni radio, ni télévision. Elle reçoit la nourriture préparée par les voisins et l'entourage où sont introduits : œufs, olives, poissons qui sont symboles de vie.

Ensuite, deuil intermédiaire jusqu'au 30ème jour.

Le 30ème jour, s'accomplit généralement le rituel du tarissement des larmes : la famille se rend au cimetière et pleure pour la dernière fois. Au delà de cette date, les pleurs seraient considérés comme "anormaux".

Le 11ème mois, une pierre tombale est apposée au cimetière. On considère qu'à cette date, l'âme ayant trouvé sa place, on peut fermer le tombeau. Pourquoi une pierre sur la tombe ? la pierre ne meurt pas. Elle est signe de la vie éternelle. Lorsqu'on va au cimetière, on dépose un caillou sur la tombe.

Un an après, lors de la prière collective à la synagogue, est rappelé le nom du défunt.

L'ISLAM – LA RELIGION MUSULMANE

Pour les musulmans, la mort est un passage. Elle est normale et doit donc être acceptée.Elle ne doit pas faire peur. Mais elle est difficile, car elle est une épreuve pour purifier le mourant, "décidée" par Dieu.

Au moment de la mort, il y a séparation de l'âme et du corps. le corps reste en terre dans l'attente de la résurrection et l'esprit, qui correspond à l'énergie et à la vie, retourne à la famille.

RITES D'ACCOMPAGNEMENT
C'est un devoir religieux, non seulement pour la famille mais pour la communauté tout entière, de rendre visite à un malade et de le soutenir moralement.

Le musulman ne laisse jamais un mourant seul. Au moment de sa mort, le musulman souhaite que les membres de sa communauté soient rassemblés autour de lui.

La dernière parole prononcée par le mourant est aussi la première qu'il prononce en entrant dans le paradis. Il s'agit de l'attestation de sa foi "Je crois au Dieu unique et en Mahomed son prophète". Cette attestation de foi, la" CHAHADA", si le mourant ne peut la dire seul, un membre de sa communauté l'aidera et lui maintiendra l'index levé vers le haut, en signe de cette profession de foi.

RITES DE PASSAGE
Les premiers gestes de la toilette mortuaire faite par la communauté musulmane seront de fermer les yeux du défunt, lui poser un bandeau maxillaire et lui "boucher les orifices". Il s'agit là, pour le musulman, d'empêcher l'agression du corps avant sa mie en terre par les "jouns", qui sont des espèces d'esprits malins. On recouvre le corps, de la tête aux pieds, d'un drap blanc et le corps est orienté vers La Mecque. Le corps est laissé dans l'état où la mort est venue le chercher (c'est-à-dire pas de rasage, pas de shampoing, …)

La toilette rituelle consiste à laver à grande eau le corps, tout en récitant des prières. On commence par les parties "nobles" du corps, c'est-à-dire celles qui ont servi pour la prière rituelle : les mains, le front, puis le cœur. On termine par le reste du cops, sans dévoiler le sexe.

Puis le défunt est habillé d'un vêtement blanc non cousu et enveloppé d'un linceul blanc.

RITES DE FUNÉRAILLES
Dans la mesure du possible, il est important d'enterrer le défunt avant la tombée du jour. En France, il faut respecter le délai légal. (24 heures au moins et 6 jours au plus).Dans leur pays d'origine, le mort est enterré à même la terre. Il est mis dans un linceul ou dans sa robe de pèlerin, rapportée lors du pèlerinage à la Mecque que chaque musulman est tenu de faire une fois dans sa vie. Cette robe de pèlerin est signe de purification. En France, le cercueil est obligatoire (en général, en bois tendre avec un capiton vert, couleur de l'Islam).

Le corps est orienté vers la Mecque. Pour les musulmans, ce rite a une signification : au moment de la résurrection des corps, une trompette retentira de la Mecque pour appeler tous les justes. Le corps est donc placé de façon à ce qu'il entende cette trompette au mieux.

Les musulmans préfèrent être enterrés dans leur terre d'origine car pour eux, c'est la terre sainte. Il n'y a aucune pierre tombale, ni aucune mention du nom du défunt, juste deux pierres qui indiquent les deux extrémités du corps en terre. Ce dépouillement indique une égalité devant la mort (pas de riches, pas de pauvres).
Le don d'organes est autorisé pour sauver une vie, sous réserve que la dépouille soit manipulée avec autant d'égards que s'il s'agissait d'un corps vivant. Le don du corps n'est pas autorisé.

RITES DE DEUIL
Les condoléances sont acceptées par la famille dans les trois jours qui suivent le décès. Ce sont les voisins et la famille élargie qui assument la famille en deuil, ce sont eux par exemple qui préparent le repas de funérailles afin de "décharger" la famille en peine.

En principe, le convoi mortuaire ne passait pas par la mosquée ou que très exceptionnellement, mais ce passage est de plus en plus fréquent. Il permet de rassembler le maximum de fidèles et de mieux entourer ceux qui sont dans la peine.

Les prières prononcées à la mosquée et au cimetière sont le signe des démarches de réconciliation des vivants avec le défunt. Lors de ces funérailles, une aumône est faite pour les proches du défunt, puis elle est redistribuée pour les pauvres (elle peut être versée par exemple à la famille qui n'est pas assez riche pour demander le rapatriement du corps dans la terre d'origine).

LE BOUDDHISME

Le bouddhisme n'est ni un religion, ni une philosophie, mais une manière d'être, d'envisager la vie.

Dans le bouddhisme, tout s'explique sans Dieu. Donc, les bouddhistes ne sont ni athées, ni agnostiques, ni croyants, ils sont ailleurs. Le bouddhisme exige une véritable conversion intérieure, un abandon de soi, un changement radical de sa manière de penser, une discipline morale ou éthique très exigeante.(respect de la vie, usage de la parole, place accordée aux biens matériels et vie sexuelle).

Tout comme l'hindouiste, le bouddhiste admet la mort comme partie intégrante de la vie. Il ne la verra non pas comme une ennemie mais plutôt comme un compagnon toujours présent, voie comme une amie, le but étant d'assimiler la mort au déroulement de la vie.

L'âme, pour le bouddhiste, passe tout de suite après le décès au tribunal où, suite à une période de sept jours, elle devra traverser un fleuve où s'emmêlent trois courants qui représentent trois destins différents pour la réincarnation : les êtres humains, les animaux et les esprits affamés (esprit tourmenté car torturé par sa soif spirituelle insatiable). Seuls les élus qui réussiront à passer ce fleuve pourront accéder à une renaissance nommée "Terre heureuse".

Mais la victoire sur la mort et par conséquent l'ascension à ce Nirvâna est une tâche longue et ardue qui exige plusieurs vies passées à acquérir un état de sagesse caractérisé par le renoncement à tous les désirs.

En résumé, la première et principale leçon du bouddhisme est d'accepter le fait que la mort est partie prenante de la vie. Tout ce à quoi on peut tenir est irrémédiablement destiné à être détruit, puisque dans le monde humain rien n'est permanent. Puisque c'est inévitable, il n'y pas raison de s'affliger.

Il existe différentes variantes dans le bouddhisme. La plus connue en Occident est le bouddhisme tibétain étant donné la notoriété du Dalaï-Lama.

LES RITES DU BOUDDHISME TIBETAIN

Lorsque la mort survient, le cadavre est déposé sur un tapis entouré de petites lampes. La figure est recouverte d'un drap blanc. Personne ne touche au corps durant trois jours et demi, période où le défunt est censé ne pas réaliser qu'il n'a plus de corps humain.

Le troisième ou quatrième jour, le lama est convié dans la maison mortuaire. Il s'assied sur une natte, près de la tête et récite une prière destinée à aider l'esprit à trouver le chemin de la béatitude, et à échapper à l'état intermédiaire (voyage hallucinatoire et périlleux qui se déroule de la mort à la réincarnation).

L'officiant demandera à l'esprit de quitter le corps, opération qui se fait par la tête. parfois le défunt porte un chapeau et la chute de ce dernier, au bout de trois jours, signifie que le corps est sain. Le défunt doit conserver toutes ses forces pour affronter ce périple. Un repas composé de gâteaux, sucres et boules de riz sera servi à cet effet, et ce plusieurs fois par jour en attendant les funérailles.

Le passage par la pagode n'est pas prévu. Si des moines participent aux funérailles, ce n'est pas à titre d'officiant mais pour apporter consolation à la famille endeuillée.

Parmi les modes de funérailles, l'immersion et l'inhumation sont les moins prisées. Dans le premier cas, le cadavre est lesté de pierres lourdes puis jeté dans une rivière. Dans le second cas, le corps est placé en position assise au fond d'une fosse creusée dans un endroit chaud et abrité. Un drapeau sera ensuite posé sur la tombe.

La forme la plus usitée est la crémation. Le corps est maintenu en position fœtale (symbole de la naissance dans un autre monde). Le lama présente une écharpe sacrée au défunt et lui répète qu'il est mort et que son esprit ne doit pas hanter sa famille. Durant la procession, une longue écharpe sera attachée autour du corps et le lama tiendra l'autre bout.

Pour la crémation, le disparu est recouvert d'un drap blanc plongé au préalable dans de l'eau parfumée à l'encens. Le fils du défunt ou l'un de ses proches allume le bûcher. Le lama y jette neuf fois les offrandes (blé, orge, riz, sarrazin, graines de moutarde et de lin). Ensuite, les cendres seront conservées dans une urne puis enterrées.

Pas d'interdiction formelle concernant le don d'organes ou le don du corps.

Christian BIOT et Nicole MAILLARD

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